Qu'est-ce que le fait d'être gaucher a à voir avec la communauté LGBT+ ?

Lorsque j'ai commencé chez Sodexo en 2010, je me suis « enfermée dans le placard ». J'avais besoin d'évaluer si mon nouvel environnement me permettrait d'être moi-même ou non. C'était une régression. Dans mon ancien travail, j'étais ouvertement gay. Par : Nia Jordan, Deployment Manager, Gestion des approvisionnements chez Sodexo Service Operations

Nia Jordan est une gestionnaire de déploiement basée à Londres et vice-présidente du Pride Network Sodexo pour la région R.-U./Irlande.

Nia Jordan est une gestionnaire de déploiement basée à Londres et vice-présidente du Pride Network Sodexo pour la région R.-U./Irlande.

C'est une chose à laquelle les hétérosexuels n'ont pas à penser. Mais les personnes LGBT+ procèdent ainsi dès qu'elles se retrouvent dans un nouvel environnement, que ce soit en au moment d'entrer dans un bar ou de faire connaissance.

Pour l'expliquer à mes amis hétérosexuels, je leur demande d'imaginer qu'ils soient gauchers. Non seulement ça, mais qu'ils vivent dans un monde où le fait d'être gaucher est anormal, voire limite tabou.

Au bureau, ils ne sont pas souvent amenés à écrire. Mais quand cela s'avère nécessaire, ils doivent le faire en toute discrétion. Quand les gens leur passent quelque chose, ils se forcent à utiliser leur main droite. Ils sont constamment sur leurs gardes. Cela demande beaucoup d'efforts pour cacher cette partie d'eux-mêmes.

Au début, peut-être qu'ils appréciaient leurs collègues. Mais au fil des ans, certains ont fait des blagues sur les gauchers tandis que d'autres ont rigolé. Ils s'imaginent sans doute que leurs blagues sont innocentes, mais les gauchers se sentent désormais exclus. Chaque jour qui passe, c'est difficile de garder le secret.

Être gaucher dans un monde de droitiers n'est vraiment pas simple. Mais tout comme la sexualité, on ne le choisit pas. Voilà pourquoi c'est une bonne analogie.

Faire preuve d'ouverture

Cela m'a pris environ trois mois pour décider que mon secret était « à l'abri » avec mes nouveaux collègues Sodexo. Le soulagement de pouvoir exprimer toute mon identité était immense.

Depuis que j'ai commencé à travailler pour Sodexo, j'ai été promue deux fois. Tout ça alors que mes collègues et supérieurs hiérarchiques savaient pertinemment que j'étais gay. Pour certains hétérosexuels, cela n'a peut-être rien d'exceptionnel. Mais en ce qui me concerne, ça l'est vraiment.

Il y a trois ans j'ai été contactée par l'équipe diversité et inclusion pour savoir si je voulais établir un réseau d'employés LGBT+ pour mes collègues Sodexo situés au Royaume-Uni et en Irlande. J'ai sauté sur l'opportunité et me voilà maintenant vice-présidente.

Je ressens la responsabilité d'être un modèle pour les autres employés. Nous sommes plus forts ensemble et avoir plus de personnes impliquées aide à « normaliser » les LGBT+. L'année dernière, Sodexo a participé pour la première fois à la London Pride. Et cette année nous avons pris part aux parades de Londres et de Manchester.

C'est un message très positif qu'envoit Sodexo. Les futurs employés savent qu'ils seront bien intégrés, qu'ils fassent partie de la communauté LGBT+ ou non. En tant que société, nous sommes fiers d'assumer.

Comme l'a dit Chris Bray, directeur des sports et loisirs pour le R.-U. et l'Irlande et responsable exécutif du Pride Network :

« Il faut clairement afficher nos couleurs pour que tout le monde se sente en confiance. Si vous venez travailler pour nous, c'est l'assurance de bénéficier d'un endroit sûr et de tout notre soutien. »

Chose promise, chose due ! Nos avons clairement affiché nos couleurs, et elles sont aux nuances de l'arc-en-ciel.

    • Que les employés LGBT+ dissimulant leur sexualité ont 73 % plus de chances de quitter leur emploi en l'espace de trois ans ? (Harvard Business Review),
    • Que 20 % des lesbiennes, 30 % des hommes gays, 40 % des bisexuels et 55 % des employés transgenres pensent qu'un coming out impacterait leurs promotions futures ? (étude de 2020 menée par Out Now LGBT sur les employés des États-Unis),
    • Les employés qui cachent leur sexualité au travail peuvent perdre 30 % de leur productivité en s'inquiétant d'être démasqués, intimidés ou harcelés, de l'avenir de leur carrière ou d'autres facteurs (BITC),
    • Environ 11 % des gens sont gauchers.