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Favoriser l'emploi des travailleurs expérimentés

14 janvier 2020

Pour favoriser l’emploi des travailleurs expérimentés, le rapport remis ce jour au gouvernement préconise d’accélérer la prise de conscience et la mobilisation de la société, d’adopter une vision globale, pragmatique et ambitieuse, et de mettre en œuvre des propositions concrètes et efficaces

Sophie Bellon, Présidente du Conseil d’administration de Sodexo, Olivier Mériaux, consultant au sein du cabinet Plein sens, ancien Directeur Général adjoint de l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT), et Jean-Manuel Soussan, Directeur des ressources humaines de Bouygues Construction, ont remis ce matin au Gouvernement leur rapport visant à favoriser et faciliter l’emploi des travailleurs expérimentés dans les entreprises privées. Cette mission leur avait été confiée par le Premier Ministre, Edouard Philippe, le 23 septembre 2019, afin de faire émerger des solutions pour faire face aux enjeux du vieillissement au travail. Un défi d’autant plus urgent à relever que le taux d’emploi des seniors en France reste inférieur à la moyenne européenne, alors que l’âge moyen de départ à la retraite ne cesse de reculer et que l’espérance de vie continue de progresser. Un défi essentiel étant donné la pénurie de compétences dans différents secteurs de l’économie. 

Après avoir réalisé plus de 70 auditions (partenaires sociaux, représentants de petites et grandes entreprises, experts des ressources humaines, de la protection sociale, du travail, de l’emploi et de la formation) et établi un diagnostic précis de l’emploi des travailleurs expérimentés en France, Sophie Bellon, Olivier Mériaux et Jean-Manuel Soussan se sont forgés 5 convictions majeures sur le sujet :

  • Une révolution culturelle, tant à l’échelle individuelle que collective, s’avère nécessaire pour améliorer durablement l’emploi des travailleurs expérimentés. 
  • Pour tenir sa promesse, le modèle social français doit donner toute leur place aux travailleurs expérimentés.
  • Le cadre légal, financier, social doit gagner en cohérence pour permettre aux salariés de rester actifs dans de bonnes conditions. Une intention politique forte est nécessaire pour aborder le sujet du vieillissement au travail sur le long terme, à travers une vision d’ensemble sur les champs du travail, de l’emploi, de la formation, de l’assurance-chômage et de la retraite. 
  • La question de l’emploi des seniors dépasse la réforme des retraites. En effet, la situation que nous connaissons a été façonnée sur une période de temps très longue, à rebours des évolutions démographiques et sociologiques du pays. Elle ne se résoudra pas uniquement via une série de dispositifs ou de mesures de nature juridique ou technique.
  • La société dans son ensemble doit se mobiliser pour rendre plus forte la conscience de la valeur de l’expérience. Les entreprises peuvent, elles aussi, jouer un rôle majeur, en s’engageant dans des démarches de progrès aux objectifs ambitieux et en rendant compte régulièrement de leurs avancées sur l’emploi des travailleurs expérimentés. Il en va de leur responsabilité.

Forts de ces convictions, Sophie Bellon, Olivier Mériaux et Jean-Manuel Soussan, ont formulé une quarantaine de propositions concrètes autour de 5 axes clés :

  1. Placer la prévention de l’usure professionnelle et les enjeux du vieillissement au centre de la future réforme de la santé au travail, notamment en favorisant une meilleure synergie entre médecin du travail, médecin traitant et entreprise.
  2. Renforcer l’investissement en formation à partir de la mi-carrière, en développant l’offre d’accompagnement des projets individuels de formation et en créant un mécanisme d'incitation à utiliser son CPF dans une perspective de préparation à la retraite « active » (bénévolat, mandats associatifs ou politiques).
  3. Faciliter les mobilités et évolutions professionnelles, avec notamment des propositions pour favoriser les mobilités des salariés expérimentés de grandes entreprises, entre filiales d’un même groupe, et mieux organiser les mobilités au niveau des territoires au travers de plateformes de services.
  4. Assouplir les frontières entre emploi et retraite en élargissant l’accès à la retraite progressive et le recours au cumul emploi-retraite, ou encore en expérimentant un droit à l’aménagement raisonnable de l’organisation du travail pour permettre une plus grande modularité des fins de carrières. 
  5. Faire évoluer profondément nos représentations liées à l’âge, en menant des travaux de recherche pour objectiver la valeur ajoutée de l’expérience et son impact positif sur la performance des organisations et en mesurant les avancées et engagements des entreprises.

Des politiques publiques coordonnées, prenant appui sur un dialogue social dynamique et sur l’engagement des entreprises : la mission recommande de mobiliser l’ensemble des parties prenantes - décideurs publics, partenaires sociaux, entreprises, chercheurs et plus largement société civile - afin de définir une stratégie nationale intégrée, animée par une délégation interministérielle au vieillissement actif. 

 

« Alors que l’âge moyen de départ à la retraite ne cesse de reculer en France et ailleurs, que l’espérance de vie progresse, il y a urgence à agir. C’est toute l’ambition des propositions que nous formulons dans ce rapport. Mais les dispositifs juridiques ou techniques ne suffiront pas : la société tout entière, et notamment les entreprises, doivent se mobiliser pour rendre plus forte la conscience de la valeur de l’expérience. C’est pourquoi la mission recommande l’organisation d’"Assises du vieillissement actif au travail". » 

Sophie Bellon, Présidente du Conseil d’administration de Sodexo

« Le "bien-vieillir" au travail » se construit tous les jours et à tout âge, en agissant sur la qualité du travail et des conditions dans lesquelles il se réalise. L’action publique doit construire des réponses adaptées aux entreprises en décloisonnant des expertises plurielles : celle de la médecine du travail, de l’ingénieur en prévention ou du conseiller en évolution professionnelle. Les entreprises, particulièrement les TPE/PME, doivent être davantage soutenues et accompagnées dans leurs efforts pour concevoir des organisations à la fois performantes, inclusives et attentives à la soutenabilité du travail ».

Olivier Mériaux, consultant au sein du cabinet Plein sens, ancien Directeur Général adjoint de l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT)

« Il est temps d’en finir avec la rupture brutale entre l’emploi et la retraite. Il faut pouvoir s’adapter aux trajectoires individuelles de plus en plus diverses dans le monde d’aujourd’hui, en favorisant des transitions plus individualisées et plus progressives. Elargir l’accès à la retraite progressive dans un cadre simplifié et harmonisé permettra de faciliter la gestion des fins de carrière. »

Jean-Manuel Soussan, Directeur des ressources humaines de Bouygues Construction

Découvrez le rapport complet sur le site du Ministère du Travail.
 

Contact presse : Raïssa Charmois – 06 13 23 35 62 –  rcharmois@gmail.com

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