Gestion de l’énergie : mettre en lumière l’aspect humain

À l’échelle mondiale, la gestion de l’énergie est devenue un enjeu entrepris. Mais si les conseils d’administration sont de plus en plus conscients des avantages moraux et compétitifs des approches responsables, l’impact potentiel de l’environnement de travail écoénergétique sur la qualité de vie des employés est encore souvent négligé. 

Un bâtiment moyen gaspille 30 % de l’énergie qu’il consomme en raison d’inefficacités, un gaspillage non seulement coûteux, mais aussi néfaste pour l’environnement. Rien qu’aux États-Unis, une amélioration d’à peine 10 % de l’efficacité énergétique globale des bâtiments commerciaux et industriels entraînerait chaque année une économie de près de 40 milliards de dollars et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’équivalent de 49 millions de véhicules motorisés.

Bien que ces chiffres soient convaincants, l’énorme incidence potentielle de l’efficacité énergétique sur les entreprises et leurs employés reste souvent méconnue. Or, les engagements en matière d’énergie ne profitent pas seulement au développement durable : ils permettent également d’optimiser le confort au travail, améliorant ainsi la santé des employés et stimulant leur productivité. Autre avantage, ces engagements jouent un rôle toujours plus important dans l’amélioration de l’image et de la réputation d’une entreprise.

Maintenant que de nombreuses organisations avancent à grands pas vers un avenir plus vert, les entreprises devront se montrer ambitieuses pour suivre le rythme de la concurrence et répondre aux attentes de leurs employés et consommateurs. Les chefs d’entreprise doivent devenir les architectes de cet impact positif, en s’engageant à créer des milieux de travail durables qui placent les besoins des employés à l’avant-plan du changement. 

L’avantage concurrentiel

Les stratégies de gestion énergétique donnent aux entreprises un avantage concurrentiel lorsqu’il s’agit d’attirer de nouveaux talents et de plaire aux consommateurs soucieux de l’environnement. L’étude menée en 2019 par Deloitte sur les ressources et sur la gestion de l’énergie a distingué parmi les principaux moteurs des programmes de gestion des ressources énergétiques la « motivation des employés » (29 %), l’avantage concurrentiel (27 %) et la valorisation de la marque (19 %). Pour près de 40 % des entreprises, c’est « tout simplement la bonne chose à faire ». 

Les entreprises doivent savoir que la génération Y est celle qui se sent le plus concernée par les questions énergétiques. Dans leur propre foyer, les membres de ce groupe démographique sont plus disposés à payer un supplément pour des sources d’énergie propres et ils sont aussi plus intéressés par des incitatifs pour économiser de l’électricité et acheter des technologies connexes. Les organisations efficacement engagées auprès des employés et des consommateurs de cette génération — et des personnes des autres générations qui partagent les mêmes idées — pourraient ainsi accéder à une mine de nouvelles possibilités commerciales.

L’impact humain

Les avantages des stratégies énergétiques durables en termes d’affaires et de réputation sont considérables. Toutefois, la gestion de l’énergie a jusqu’ici souvent négligé le revers humain de la médaille : le confort et la qualité de vie des employés. Selon la National Human Activity Pattern Survey, les gens passent entre 80 et 90 % de leur vie dans des bâtiments fermés. La structure du milieu de travail a dès lors une incidence énorme sur la santé des employés parce que, tout simplement, c’est là qu’ils passent la plupart de leur temps.

Pour Alan Hedge, professeur de design et d’analyse environnementale au Cornell’s College of Human Ecology, la conception des bâtiments écologiques doit évoluer. « Pour l’instant, l’accent est mis sur les objectifs énergétiques », explique M. Hedge. « Vous pouvez atteindre ces objectifs, mais si les employés ne se sentent pas à l’aise, vous perdrez leur soutien et leur productivité. L’idée, c’est qu’on peut être écologique, mais qu’il faut aussi être humain. » 

Matt Lucas, Vice-Président, Global Energy Services chez Sodexo, partage cet avis. « Les services de gestion de l’énergie n’ont pas seulement un impact sur l’environnement », précise-t-il. « Il y a également une corrélation directe avec la qualité de vie de nos consommateurs. »

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