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Des solutions ambitieuses qui transforment la culture au niveau global

Entreprises & Industries

Des solutions ambitieuses qui transforment la culture au niveau global

La préférence des consommateurs évolue vers une alimentation durable et produite selon un certain nombre de critères éthiques. Le changement est là. Un changement réel, mesurable.

Notre relation à l’alimentation est un point sensible. La conscience générale porte de plus en plus sur des problématiques majeures : le changement climatique, les inquiétudes quant à notre alimentation, le droit à la santé et au bien-être... 

Les jeunes générations incarnent un renouveau. Au travail comme dans la vie en général, le tournant du millénaire a vu émerger un schéma de pensées éclairé et dynamique qui fait la part belle à l'information. Et son influence s'étend toujours plus loin. Les enfants du millénaire constitueront 75 % des effectifs de travail d'ici 2025. La génération Z prenant doucement sa place dans le monde du travail (avec une conscience exacerbée), c'est toute une force de travail éveillée aux aspects sociaux qui se mobilise.

La prise de conscience mène à l'action, et l'on peut difficilement comprendre l'histoire de cette transformation fulgurante des consommateurs en nous basant sur nos habitudes de consommateurs de viande. Le Rapport 2017 Food Trends de GlobalData révèle une augmentation massive (600 % !) du véganisme au États-Unis en seulement trois ans.

Nos habitudes alimentaires affectent le monde qui nous entoure. Les grandes problématiques comme la consommation de viande, le gaspillage alimentaire et les pratiques liées à l'agriculture et au transport n'ont rien de localisées : ce sont des manières de faire au niveau global, avec des conséquences de niveau global. Ces conséquences nous affectent tous, et la demande croissante de changement s'accompagne d'une demande croissante de responsabilité des entreprises. Il nous revient, à nous tous, dirigeants, employeurs, salariés, de participer au mouvement vers un meilleur futur alimentaire pour tous.

La moitié des consommateurs de 18 à 34 ans veulent pouvoir remplacer les protéines animales par des alternatives d'origine végétale. Technomic

Repenser la culture alimentaire d'entreprise

La culture de la nourriture évolue à mesure que les individus évoluent dans leurs systèmes de valeurs, dans leurs priorités et dans leurs perceptions. Avec les employés qui demandent le changement et mettent la pression pour un développement durable toujours plus important, les chefs d'entreprise ont la charge de mener cette transition de l'intérieur, en faisant la promotion de comportements alimentaires positifs dans toutes leurs organisations.

Il y a trois tendances fondamentales en matière d'innovation alimentaire qui doivent s'inscrire au cœur des stratégies alimentaires d'entreprise. Le fait pour les organisations d'intégrer ces tendances leur permettra d'aller dans le sens de cette transformation à long terme.

1. La force du légume

Woman with avocado"Autrefois, on utilisait le mot "végan" pour faire sourire, parce que tout le monde pensait à un rôti de noix et un curry de lentilles. Mais aujourd'hui, le véganisme est l'une des tendances alimentaires les plus attractives qui soient," explique Lloyd Cecilio, Directeur des opérations, Service innovations culinaires pour l'Amérique du Nord chez Sodexo.

L'université d'Oxford déclare dans un rapport de 2018 que "le fait d'éviter de manger de la viande et des produits laitiers est tout simplement le meilleur moyen de réduire votre impact environnemental." Dans les faits, les inquiétudes concernant les effets environnementaux associés à l'élevage intensif se sont très largement répandues dans le public au cours des vingt dernières années. C'est une évolution qui a ouvert la voie à de nouvelles mesures et à des politiques radicales tandis que les pays cherchent à revoir leur relation à la nourriture.

39 % des Américains font des efforts pour intégrer davantage d'aliments d'origine végétale dans leur consommation. Nielsen

En 2016, le gouvernement chinois a émis de nouvelles directives en matière d'alimentation, avec pour objectif de réduire la consommation de viande de 50 % d'ici 2030. Cette action vient partiellement en réponse à l'explosion de la demande du pays en viande, qui a quadruplé en seulement trente ans. La réforme des habitudes en Chine est cependant déjà en cours : Reuters a en effet noté une chute de la consommation de viande parmi les ouvriers.

Des initiatives ambitieuses comme celle-ci voient le jour partout dans le monde et les résultats semblent prometteurs :

Cette augmentation de la demande a favorisé l'innovation culinaire et la "réflexion orientée fruits et légumes," et a ouvert un marché des nouvelles alternatives d'origine végétale. Le milieu professionnel suit le mouvement. De la salle de conférence à la cantine, les gens veulent pouvoir manger moins de viande.

Notre société accorde de plus en plus de capital social à la cause du bien-être animal, et toutes les entreprises pourraient en tirer avantage en apportant leur soutien à cette cause. Carl DeLoye, DropBox

Adhérer à cette tendance a du sens, non seulement d'un point de vue moral, mais aussi d'un point de vue commercial. Les organisations peuvent espérer gagner en réputation grâce à une culture orientée "végétale" et retenir les meilleurs talents parmi les enfants du millénaire et la génération Z, avec pour effet de réduire les dépenses en produits carnés et de contribuer à l'épanouissement d'un personnel heureux et en bonne santé.

Sodexo a lancé des menus d’inspiration "végétal" pour ses clients des secteurs Entreprises, Éducation et Santé. En collaboration avec la Humane Society des États-Unis et le Better Buying Lab du World Resource Institute, nous avons développé plus de 200 recettes véganes et végétariennes.

2. Le facteur santé

Manger sainement, ça ne se limite pas à "manger des fruits et des légumes". C'est aussi élaborer toute une routine autour de cette philosophie. La diète, l'exercice et les loisirs peuvent tout autant faire partie de l'identité d'une personne que sa carrière, et c'est particulièrement vrai pour les jeunes générations qui se servent de leurs choix alimentaires pour exprimer qui ils sont. Une culture #eatclean en pleine effervescence se développe en ligne à mesure que des individus soucieux de leur santé se connectent entre eux et partagent cette facette d'eux-mêmes avec le reste du monde.

62 % des consommateurs dans le monde vont accorder leur préférence à une alimentation qui a une influence positive sur leur santé et leur bien-être. GlobalData

Le facteur santé est une autre tendance façonnée par les jeunes générations. Une étude PwC de 2016 a révélé que près de la moitié (47 %) des 18-34 ans interrogés avaient modifié leurs habitudes alimentaires et adopté une diète plus saine au cours des 12 derniers mois, pour seulement 23 % parmi les plus de 55 ans.

Les gens sont même prêts à débourser davantage pour des aliments sains. Une étude de Nielsen révèle que plus de 9 sondés sur 10 en Amérique latine (94 %), dans la région Asie du Pacifique (93 %) et dans la région Afrique/Moyen-Orient (92 %), et environ 8 sondés sur 10 en Europe (79 %) et en Amérique du Nord (80 %), n'ont rien contre l'idée de payer plus pour une alimentation plus saine.

Le fait de mettre à disposition des alternatives saines et abordables dans le milieu du travail favorise ce style de vie et permet aux employés d'apporter des changements positifs dans leurs existences. Des études montrent également qu'une alimentation équilibrée favorise une bonne santé mentale, ce qui augmente la productivité.

On a relié la consommation inappropriée d'aliments riches pendant les jours de travail aux troubles suivants : difficultés de concentration et de prise de décision, fatigue, système immunitaire déprimé (plus souvent malade), moral en berne, risque accru d'accidents sur le lieu de travail. Par contraste, on a relié l'alimentation saine à une augmentation de 25 % des probabilités d'auto-évaluation élevée des performances. William Rosenzweig, coprésident, directeur de faculté du Berkeley Haas Center for Responsible Business.

Selon l'auteure de Happyness At Work, Jessica Pryce Jones, l'individu moyen passe environ 90 000 heures au travail tout au long de sa vie. Ce qui fait 3 750 jours, ou plus de dix ans. Les statistiques montrent que la plupart des employés mangent au moins un repas par jour au travail chaque jour. En matière de programme de santé en entreprise, la nourriture est pourtant un domaine mal considéré.

Des innovations comme les réfrigérateurs connectés, les distributeurs orientés nourriture saine et les robots préparateurs de salades incarnent un changement puissant en la matière. Le commerce doit en conséquence suivre ce mouvement initié par les revendeurs et les restaurants.

Les produits de la gamme Green & Lean de Sodexo contiennent deux tiers de légumes, de légumineuses et de céréales, et au maximum un tiers de viande d'origine responsable. La préférence est donnée aux fruits, légumes et céréales de saison, tandis que le sucre et le sel ne sont là qu'en quantité limitée. Et pour rester cohérent avec l'image globale de responsabilité d'entreprise, le gaspillage alimentaire est limité au maximum.

3. Le gaspillage alimentaire

Woman harvesting greensSi l'alimentation saine d'origine végétale est une priorité pour le personnel, en coulisse le gaspillage alimentaire reste un des plus gros problèmes de notre société. Les Nations unies ont évalué la valeur du gaspillage alimentaire à 1 200 milliards de dollars par an et ont fixé pour objectif de le réduire de moitié d'ici 2030.

La culture généralisée du tout jetable contribue grandement à la pollution mondiale. Selon un rapport de The Economist : "Si un seul pays produisait l'équivalent du gaspillage alimentaire annuel – 3,3 milliards de tonnes – il serait le troisième plus gros pollueur au monde (après la Chine et l'Amérique)."

Les appels à l'innovation dans ce domaine n'ont jamais été aussi nombreux. Les producteurs doivent faire face à une pression sans cesse grandissante en matière d'amélioration des opérations de transit, de nettoyage de la nourriture et d'utilisation de données pour accroître l'efficacité de la production. Au bout de la chaîne alimentaire, côté grande distribution, les supermarchés introduisent les fruits et légumes "non calibrés" dans leurs étals pour enrayer le flux du gaspillage alimentaire. La chaîne de supermarchés Morrison, au Royaume-Uni, a publié un rapport selon lequel 12 % de leurs clients achètent désormais des fruits et des légumes de leur gamme "Naturally Wonky" (naturellement tordu).

"Nous constatons que la courbe d'innovation s'infléchit enfin à la hausse," a déclaré au Financial Times Chris Cochran, directeur exécutif de l'organisation à but non lucratif pour la prévention du gaspillage alimentaire ReFED. "Nous avons eu moins d'innovations que ce que nous voulions et moins d'investissements à ce jour. Nous n'avons fait qu'effleurer la surface des possibilités."

Le changement doit aussi venir des entreprises.

L'élimination du gaspillage superflu commence par de petits efforts, des changements modestes dans la manière dont les gens et les entreprises gèrent le gaspillage alimentaire au quotidien. Unilever a publié une étude qui montre que 72 % des clients américains se soucient de la façon dont les restaurants gèrent les déchets alimentaires, et 47 % seraient prêts à dépenser davantage pour manger dans un restaurant qui dispose d'un programme de récupération de la nourriture - des résultats que l'on retrouve clairement dans la restauration sur les lieux de travail. C'est par l'engagement interne dans des programmes et des processus à long terme que nous pourrons trouver comment réduire l'empreinte carbone des entreprises.

Sodexo a mis en place un programme mondial, le WasteWatch, pour conduire ce changement. Soutenu par LeanPath, cette initiative contribue à identifier les causes et à définir des plans d'action pour réduire la production de déchets. Les sites qui mettent en place le programme WasteWatch peuvent réduire leurs déchets à hauteur de 45 % en deux à six mois.

Un tiers de la nourriture mondiale part à la poubelle chaque jour. Les Nations unies

Fonder une communauté alimentaire

Les chefs d'entreprise doivent s'engager à apporter de vraies solutions aux vrais problèmes mondiaux. Le fait de prendre ces problèmes à bras le corps en interne est la première étape vers un futur alimentaire durable. Et c'est pour cela que Sodexo mène des politiques d’'innovation, pour apporter aux individus, entreprises et communautés à travers le monde les moyens d'aller vers le changement.

Nous mettons dans les assiettes des ingrédients produits par des communautés locales qui partagent notre vision d'un monde de l'entreprise aux standards alimentaires élevés. John Wright, Vice-président Global Food chez Sodexo.

Nous avons atteint un tournant en matière de production, de distribution et de consommation de nourriture. L'élevage industriel à grande échelle, l'alimentation déséquilibrée et le gaspillage alimentaire sont des aspects qui ne sont pas sans conséquences, mais que l'on peut éviter. Il est de la responsabilité des entreprises d'endosser un rôle actif. Les avantages à en tirer ne font aucun doute : l'agriculture durable réduit les préjudices environnementaux, favorise une force de travail en bonne santé et productive, et a un impact bénéfique sur le porte-monnaie.

Pour les chefs d'entreprise, il est temps de passer à l'action.

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04 avril 2019

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